Le président

Édito du Président

// De l’affaire de tous, à la mobilisation générale !

Quand s’ouvre la saison des incendies, le pire n’est jamais sûr, mais le meilleur n’est pas toujours au rendez-vous. Aussi, deux chiffres doivent nous mobiliser;

Le premier : la moyenne des surfaces parcourues par les flammes chaque année qui, sur cette décennie, est proche de 15,000 ha. Comme toutes les moyennes, ce nombre cache les années noires (2003) et les années des bons records (2008), mais il nous conforte aussi dans le modèle français. L’approche globale indissociable de la Prévention-Prévision-Lutte-Réhabilitation après incendie et la doctrine d’intervention massive sur feux naissants semblent toujours faire leurs preuves. Encore faut-il ne pas baisser la garde et demeurer mobilisés.

Réfléchir de manière globale sans aucun tabou, au-delà des corporatismes, en bonne ˝entente˝ entre l’Etat et les collectivités, en associant le citoyen à la préservation du patrimoine forestier et en le faisant acteur de sa propre sécurité. Toutes les actions doivent s'inscrire dans une cohérence par massif. Dans nos dispositifs de prévision et de lutte, terrestres et aériens, preuve est faite que l’essentiel passe par une coordination maximum entre bénévoles des comités-feux, forestiers, sapeurs-forestiers et sapeurs-pompiers, militaires, tous solidaires et mobilisés dans leurs domaines de compétence et leurs spécialités d’intervention.

Frapper fort au stade de l’éclosion est le plus sûr moyen d’éviter les catastrophes, leurs conséquences souvent dramatiques pour nos paysages, bien sûr, mais surtout pour les personnes et les biens. Ces bons résultats sont à mettre au crédit de chacun de ceux qui s’investissent, des bénévoles aux services publics et en fin de processus, des forces de lutte qui, très organisées dans nos départements, détectent les éclosions et interviennent rapidement sur des massifs correctement équipés de vigies, pistes, points d’eau… Ils ne doivent surtout pas conduire nos décideurs locaux et nationaux à un optimisme excessif, qui se traduirait par des réductions de crédits.

Ne pas baisser la garde est l’assurance d’approcher chaque été avec humilité et d'accepter que même les bons résultats ont un coût qui doit se traduire par un investissement durable et constant. La mobilisation et la formation des hommes, conjuguées à un niveau de réponse en terme de moyens adaptés en qualité et quantité, garantissent que la réussite opérationnelle soit au rendez-vous. Il faut toutefois ne pas perdre de vue que les incendies sont, et resteront toujours, plus faciles à empêcher qu’à éteindre.

Le 2ème chiffre, celui du nombre de départs de feux, renvoie à notre capacité d’empêcher les éclosions, dont les causes, on le sait, sont très majoritairement dues à l’Homme et ses imprudences. Établis autour de 2 500 à 3 000 départs enregistrés en moyenne chaque année en région méditerranéenne, ils sont l’indice à retenir pour juger de notre capacité collective à mieux maîtriser le risque et de nos efforts de prévention pour une mobilisation partagée de nos concitoyens. En ces temps de crise mondiale, corrélés à la nécessaire maitrise financière qui en découle et au moment où s’ouvre la saison estivale, nous devons plus que jamais coordonner et mutualiser nos efforts entre l’État et les collectivités concernées.

Être tous mobilisés, c’est souhaiter qu’en toutes circonstances, nos concitoyens adoptent les bons comportements. Notre rôle de responsables publics étant de les y inciter.

C’est donc plus qu’un slogan lorsque nous affirmons que cette mobilisation est l’affaire de tous…

Jacky GÉRARD
Président de l’Entente
pour la Forêt Méditerranéenne